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Prénom Sabine
Age 34
But du voyage Tourisme
Date de départ 28/01/2008
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Durée du séjour 3 semaines
Nationalité France
Description
Un voyage qui sera forcément trop court, qui en appelle d'autres...
Des rêves qui se réalisent, la vie quoi...
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Localisation : Cambodge
Date du message : 30/06/2008
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 Phnom Penh - Du côté sombre

J’ai du mal à me passionner par l’histoire contemporaine. Le 20e siècle est trop proche, c’est le mien, celui de mes parents et de mes grands-parents. 

Même s’il y a toujours eu des guerres, à toutes les époques, celles du 20e siècle me paraissent plus terribles que celles, plus anciennes, qui ponctuent les livres d’histoire. Et la guerre civile cambodgienne, qui est de ma génération (j’avais deux ans quand elle a commencé) dépasse les limites du supportable, renvoyant directement aux images de la fin de la deuxième guerre mondiale, à la découverte des camps de concentration.

Le camp d’internement et de torture S21 à Phnom Penh est un concentré d’horreur. C’est un musée dans un lycée, dont les murs ont été les témoins muets des atrocités commises par les Khmers Rouges. Il contient des milliers de photos de gens qui vont mourir et des photos de leurs bourreaux. 

Il contient des instruments de torture, des cellules, des films, des récits… On a l’impression d’y être, on voudrait s’en échapper et sortir, mais on ne peut pas, on est obligé de rester. Pour eux, pour savoir, pour la mémoire, pour ne pas les oublier. Ce sont des familles entières qui ont été détruites, chaque personne en vie à ce jour au Cambodge a au moins une personne de sa famille qui est morte pendant cette guerre et certains ont même perdu toute leur famille au sens large du terme. On se demande même comment les survivants ont pu continuer à vivre aux côtés des bourreaux impunis. La nouvelle génération n'a pas connu cette terrible époque, mais elle en porte encore le poids sur les épaules.

Il est impossible de prendre la moindre photo du camp, même de l’extérieur, l’appareil reste en berne. Pendant le trajet de retour en taxi jusqu’à l’hôtel, on reste silencieux, la gorge nouée, on a du mal à revenir. On se demande même intérieurement de quel côté était le chauffeur du taxi.

C’est à l’abri de nos hauts murs, sur notre petite terrasse, que l’on peut enfin exprimer toute notre incompréhension et notre malaise sur cette page si sombre, qu’elle nous rend ce pays encore plus attachant.   


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