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Prénom Sabine
Age 34
But du voyage Tourisme
Date de départ 28/01/2008
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Durée du séjour 3 semaines
Nationalité France
Description
Un voyage qui sera forcément trop court, qui en appelle d'autres...
Des rêves qui se réalisent, la vie quoi...
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Localisation : Maroc
Date du message : 11/06/2013
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 Fes

Le débarquement à Fes est matinal. Dans la voiture qui s’improvise taxi et qui nous emmène de l’aéroport à la gare une émission de radio animée par une femme met en relation un médecin qui répond à des questions de femmes qui appellent par téléphone pour des problèmes gynécologiques. C’est ce que je comprends en tout cas, puisque les termes médicaux sont en français.

Nous traversons la ville nouvelle qui s’éveille et la chaleur augmente graduellement. La gare est au bout d’une grande place. Nous prenons déjà nos tickets en 2e classe pour Marrakech pour dimanche, comme ça, c’est fait, c’est sûr. Nous décidons de marcher de la gare jusqu’à l’hôtel, la distance parait courte sur la carte. En fait, le parcours est tout en courbes et en dénivelés, contourne des murs et longe des jardins. C’est un des palais royaux qui est installé là, entre ville nouvelle et ville ancienne.

Après plus de ¾ d’heure de marche depuis la gare, nous atteignons la place Boujloud qui accueille en ce moment le festival annuel de musique sacrée. Là, il nous faut demander régulièrement notre chemin car nous ne sommes pas encore familiers de la signalisation de Fes. L’animation quotidienne, le marché, le bruit et le passage des voitures en rajoutent 

Nous demandons encore la porte Boujloud (bab Boujloud), puis le musée Batha (bien prononcer le h aspiré sinon personne ne comprend), puis enfin le riad Ibn Battouta qui se trouve vraiment tout près mais que nous n’aurions pas vu puisqu’il est dans une petite ruelle calme perpendiculaire à la grand’rue passante.   

L’installation au Riad est assez magique. On entre dans un havre de fraicheur et de tranquillité. Les bois foncés, les velours rouges, le carrelage en damier noir et blanc, tout y est, tout est fait pour nous transporter dans une belle maison de début de siècle, années 20 plus précisément. L’escalier aux marches hautes dans un des angles, dessert les étages qui entourent la grande cour intérieure dont le plafond est la verrière du toit. Nous avons droit à un petit déjeuner réparateur et à une jolie visite jusqu’au toit terrasse panoramique sur les toits de Fes.

Les chambres et les suites sont toutes décorées différemment sur la thématique des voyages dans le monde musulman du grand érudit Ibn Battuta (1000-1000). Très joliment meublées, avec beaucoup de recherche, et revêtues de couleurs chatoyantes, elles charment l’œil immédiatement et il est même difficile de dire laquelle on préfère, en fait. Heureusement, on a choisi pour nous et la suite nommée Sanaa, rouge et dorée, avec ses plafonds de poutres de bois, nous plait beaucoup. Quelques meubles délicats, des appliques ajourées et des gros tapis sur les carrelages géométriques complètent agréablement l’impression générale, et nous voilà transportés sans effort dans un monde de 1000 et 1 nuits. 

A peine plus tard, nous décidons de ressortir très vite pour ne pas nous endormir sur les canapés. Nous trouvons un débit de tabac cartes postales qui vend aussi des bouteilles d’eau, car il va falloir s’hydrater en permanence pour ne pas avoir de problèmes. Et nous repérons le petit restaurant qu’on nous a conseillé, le Medina Café, juste à côté de la porte Boujloud (bab Boujloud), à l’abri du tumulte. Il ne paye pas de mine de l’extérieur, mais la cuisine est excellente.

On repasse la porte, bleue sur sa façade extérieure, verte (couleur de l’Islam) sur sa façade intérieure et on tourne tout de suite à gauche pour arriver sur Talaa Kbira (la grande Ascendante) qui est une des plus grandes artères de la Médina. Elle descend bigrement jusqu’au fond de l’oued (le fond de vallée) et là on se dit qu’à un moment donné et probablement en fin de journée, au bord de l’épuisement, il va falloir la remonter, cette grande Ascendante!

On se fait rapidement alpaguer pour monter sur les terrasses des magasins de maroquinerie, pour voir les impressionnantes cuves blanchies à la chaux ou multicolores pleines de teintures destanneries. L’odeur qui flotte est un peu forte, mais on finit par s’habituer en fait. La montée à la terrasse est gratuite, bien sûr, mais la redescente par la maroquinerie est obligatoire, avec 3 vendeurs sur les talons pour nous conseiller les meilleures affaires. Il faut un tact fou pour s’en sortir, s’échapper via un magasin d’antiquités à double entrée, et largement plus charmant. Tous les commerçants sont loin d’être égaux.

Ensuite, une porte entr’ouverte nous fait apercevoir une école coranique avec des enfants de 3 à 6 ans, garçons et filles, qui apprennent l’alphabet arabe et l’alphabet « français » et une porte plus loin, c’est un four de boulanger qui attire notre regard et nous fait saliver. Nous entrons dans la chaleur étouffante et nous achetons un beau pain rond et plat, juste cuit et encore brûlant. Nous restons à regarder la noria des pains encore blancs être enfournés 4 par 4 par la grande pelle plate et d’autres ressortir tout dorés, à un rythme cadencé.

Puis nous repartons, au hasard des ruelles étroites qui serpentent entre les hautes façades, qui empêchent le soleil et donc la chaleur de parvenir jusqu’à la rue. Pour cette raison, l’air est tout à fait respirable, frais même et du coup, l’atmosphère n’est plus celle d’une ville accablée de chaleur, mais celle d’une cave plutôt sombre comme à demi souterraine, ce qui lui confère vraiment une ambiance particulière. Et pour en rajouter, de temps de temps, un courant d’air froid parvient à la rue par une porte restée ouverte. La climatisation ici se fait tout naturellement.

En revanche, lorsque l’on est « invité » à entrer dans un magasin et que l’on monte les étages, la chaleur augmente au fur et à mesure que l’on gravit les hautes marches, décorées de carrelages traditionnels en plus ou moins bon état, mais tout de même conservés. De même, les murs sont rarement nus, y compris dans l’escalier, les décorations de carrelages (zelliges) répondant à une rigoureuse géométrie alternant trois ou quatre couleurs et de stucs blancs délicatement ciselés dans une belle symétrie, montent pratiquement jusqu’au plafond qui sont eux-mêmes très souvent décorés de couleurs vives ou de bois brun foncé.

Toutes ces maisons traditionnelles répondent aux besoins de la famille au sens large du terme. Plusieurs générations sous le même toit, des enfants nombreux, voire une domesticité qui partage la vue de la famille pour les plus aisés, c’est vraiment l’ambiance que l’on ressent dès que l’on entre dans une cour intérieure, même vide, on comprend le fonctionnement de la structure familiale et sociale, ainsi que les différences entre hommes et femmes.


 


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