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Prénom Sabine
Age 34
But du voyage Tourisme
Date de départ 28/01/2008
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Durée du séjour 3 semaines
Nationalité France
Description
Un voyage qui sera forcément trop court, qui en appelle d'autres...
Des rêves qui se réalisent, la vie quoi...
Note: 4,3/5 - 11 vote(s).



Localisation : Islande
Date du message : 08/02/2016
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 De Hofn à Kirkjubaejarklaustur, retour vers le Sud

Ce jour-là, la météo s'annonce plus perturbée. Nous sommes devenus assidus du site de la météo islandaise www.vedur.is en version anglaise tout de même, mais qui reste un peu compliqué à décrypter en 3 cartes successives, dont les plus importantes, celles des précipitations et du vent. Là, pas de chutes de neige, mais des vents très violents, par endroits la carte vire au violet et la légende annonce jusqu'à 26 m/s, ce qui doit vouloir dire mètre/seconde, et comme l'échelle va de zéro à 30, c'est un peu inquiétant et par rapport à notre parcours, les pics seront à 11h et à 17h ! Nous décidons de partir un peu plus tôt au cas où.

En tout cas, même matinal, le soleil est tout à fait rayonnant et on a du mal à croire que le vent va vraiment prendre de l'ampleur, même si déjà les drapeaux de la station service N1 à côté de l'hôtel s'agitent déjà beaucoup à notre départ. Nous nous rendons compte au fur et à mesure que ce sont des rafales qui soufflent par intermittence et qui surtout s'engouffrent dans des couloirs très étroits et sans obstacles de reliefs. Il faut être très prudent au volant, car les rafales peuvent faire faire des écarts et comme la route est très verglacée, un malencontreux coup de volant peut vite se transformer en séance de patinage.   

Parfois pendant nos arrêts photos, il faut lutter pour pouvoir ouvrir une portière et sortir de la voiture sans se faire scier une jambe. Les rafales secouent furieusement la voiture arrêtée et on a vraiment l'impression qu'elle va finir par se retourner sur place. Nous, nous nous tenons avec peine debout, et le vent renforce l'impression de froid intense, qui donne des doigts gourds après deux photos. Apparemment, les rennes ne sont pas plus perturbés que ça, ça qui me rassure, même si eux ont 4 pattes et moins de prise au vent.

Nous longeons toute la journée l'immense Vatnajökull qui représente sur la carte 1/4 de la surface du pays et qui est un glacier encadré de montagnes et dont les langues glaciaires descendaient il y a peu jusqu'à la mer. Avec le réchauffement climatique, les langues glaciaires se rétractent d'année en année, laissant la place à de vastes étendues lagunaires appelés "sandar", sur lesquelles la route numéro 1 a été construite très récemment, car lorsque le glacier allait jusqu'à la mer, cette route n'existait pas. Pour aller d'Est en Ouest, il fallait passer par le Nord uniquement.

Certaines langues glaciaires sont accessibles en cette saison et d'autres ne le sont qu'en été. Nous en admirons certaines d'assez loin, en attendant d'avoir l'opportunité de se rapprocher de l'une d'entre elles. Notre but est avant tout de découvrir la plage de Jokulsarlon, qui est justement un des derniers endroits où le glacier va presque jusqu'à la mer. Un parking est aménagé entre le glacier et la plage. La particularité de ce site, ce sont les morceaux de glace qui se détachent périodiquement de la langue glacière Breidamerkurjökull et qui vont dériver sur la lagune, qui ressemble ici plus à une rivière tellement elle est étroite, jusqu'à la mer où ils vont disparaitre. En attendant, certains glaçons translucides échouent sur la plage de sable noir formant un spectacle complètement incroyable. 

Sur la plage, le froid est vraiment intenable, le vent n'arrête pas de souffler, un panneau lumineux indique 20m/s et je veux bien le croire (c'est à dire 72km/h). C'est une torture de rester dehors malgré notre équipement et il n'y a vraiment aucune végétation pour nous abriter. Ici, les touristes affluent et subitement, nous retrouvons le monde que nous avions quitté une semaine auparavant en partant vers le Nord. La parking est une vraie patinoire et nous nous demandons comment il peut ne pas y avoir d'accident, de chutes ou d'accrochages entre 2 voitures, en tous cas, nous n'en verrons pas.

Quelques jolies langues glacières plus loin en contournant l'Oraefajökull, une petite pancarte nous indique le point de vue de Svinafellsjökull à 2 km. Une petite route verglacée qui longe une autre belle langue glaciaire nous y amène, et nous nous rendons compte avec dépit que nous ne sommes pas les seuls. Déjà plusieurs voitures sont arrêtées et il va falloir nous rendre à l'évidence qu'à partir de maintenant, nous ne serons vraiment plus seuls nulle part. C'est mon tout premier glacier de près et si près qu'il en même très impressionnant. On se sent écrasé par sa puissance immobile et silencieuse, même si l'on dit que les glaciers craquent bruyamment et bougent en permanence. A l'entrée du site, une plaque commémorative nous met dans l'ambiance. Ici, deux touristes allemands se sont perdus le 1er août 2007 et on ne les a jamais retrouvés. Ca calme, mais apparemment pas tout le monde, car un couple d'anglo-saxons, se lance hors de la zone sécurisée par des filins, sur des traces de pas qui cheminent sur le flanc de la pente montagneuse pour voir le glacier de plus haut. Ils disparaissent au virage et de tout le temps que nous restons à cet endroit, nous ne les verrons pas réapparaitre et surtout que monter risque d'avoir été plus facile que de redescendre. Nous sommes un peu sidérés par l'inconscience des gens qui recherchent la photo sensationnelle à faire et qui ne mesurent pas le danger que représente cette nature à l'air inoffensif.

Comme il n'est que 15H15, nous nous accordons le droit d'aller voir juste à côté le Skaftafelljökull, un sentier de 1,8 km mène du centre d'information au glacier, le parcours n'est pas difficile, mais avec un terrible vent de face qui fait pleurer les yeux et qui gâche un peu le plaisir, il faut bien l'avouer. Nous prenons tout de même le temps d'admirer deux perdrix des neiges, blanches sur blanc, dont seul le bec permet de les dissocier du paysage et d'entendre gémir une cascade sous sa gangue de glace. Quelques photos devant le glacier qui a vraiment beaucoup reculé car il y a un énorme espace vide entre la fin du sentier et le début du glacier.

Au retour, le vent nous fouette le dos et les jambes, nous forçant à avancer au pas de course. Nous avons mis plus d'une heure à parcourir moins de 3km. Nous nous faut désormais nous hâter de reprendre la route et finir les 60 derniers kilomètres qui nous séparent encore de Kirjubaejarklaustur (littéralement, l'église de la ferme du monastère) où nous devons passer la nuit. Je me dis que j'ai bien fait de ne pas prévoir d'aller jusqu'à Vik ce jour-là, l'étape aurait été trop longue. Le soleil se couche sur les champs de lave que nous traversons sur les derniers kilomètres. Nous arrivons à l'hôtel Geirland juste à la nuit tombée.  

 

 

 

 

 

 

 


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