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Prénom Sabine
Age 34
But du voyage Tourisme
Date de départ 28/01/2008
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Durée du séjour 3 semaines
Nationalité France
Description
Un voyage qui sera forcément trop court, qui en appelle d'autres...
Des rêves qui se réalisent, la vie quoi...
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Localisation : Indonésie
Date du message : 14/03/2010
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 Dans le cratère du volcan Batur

Le jour suivant, toujours d'Ubud, nous partons dans une autre direction, celle du volcan redoutable pour ses récentes éruptions (La dernière en 1974), le Batur.

Lorsqu'on arrive au bord du cratère, on entrevoit une vue saisissante de l'immense caldeira, mais cette vue est totalement et sciemment tronquée par les petits restaurants sans charme qui se succèdent et qui, évidemment, se vantent d'avoir chacun la meilleure vue. C'est très agaçant, mais il faut bien que chacun vive.

On décide de descendre dans le cratère voir de plus près le fond, dont le bleu le dispute intensément au vert. Le méchant ciel d'orage en rajoute à la luminosité fantastique et l'on sent que l'on risque de se prendre un gros grain.

La route qui descend par étages dans le cratère est assez étroite et ne permet pas de s'arrêter pour prendre des photos. Elle donne même l'impression de nous précipiter dans un trou profond aux parois très élevées et ce n'est pourtant pas l'espace qui manque. On se sent tout de même comme écrasé. De plus, l'atmosphère est lourde et l'air chargé d'odeurs est presque irrespirable. La terre est tellement fertile que les cultures abondent. Les jardins potagers s'étirent de chaque côté de la route, exhalant de lourdes effluves de choux et de compost.

Par endroits, un champ chaotique de roches volcaniques noires recouvertes d'herbes vertes nous rappellent que nous sommes au cœur du volcan. Il ne reste qu'à prier pour qu'il ne se réveille pas.

D'innombrables et énormes mouches noires vrombissent partout et occupent tout l'espace, elles ne savent plus où donner de la tête tellement les odeurs décuplées par l'humidité les affolent.

L'atmosphère devient assez vite intenable (en plus, je déteste vraiment les mouches), et nous décidons de remonter le cratère, tenter de l'admirer une dernière fois d'en haut et repartir en lui tournant le dos.   

Bon les conditions n'étaient pas terribles, mais la ballade valait le détour. Il nous faut en plus retourner à Ubud et la route est assez longue. Comme la veille, je vois avec inquiétude le soleil décliner, le coucher de soleil est magnifique, mais on n'arrive pas à voir le bout de la route.

En plus, alors qu'il reste encore une quinzaine de kilomètres, et qu'on s'arrête à une station service pour reprendre de l'essence, la clé de contact reste bloquée dans la petite serrure de la porte du réservoir. L'angoisse totale!!! Tout le personnel de la station service (2 personnes) essaie de débloquer la clé sans y parvenir. Ensuite, on fait appel à chaque client qui passe au cas où l'un d'entre eux aurait une idée de génie ou bien une main en or. Et c'est ce qui arrive : un motard très stylé prend la chose en main avec un calme royal et apparemment sans effort parvient à débloquer cette maudite clé. Moi qui étais déjà résignée à passer la nuit dans la voiture, je revis tout à coup et j'hésite même à me jeter de reconnaissance dans les bras de notre sauveur. Mon compagnon fait presque la moue parce qu'il est tout de même un peu vexé qu'un autre ait réussi à sa place. Nous ne savons comment remercier cet homme qui en plus ne veut rien pour lui-même et qui nous conseille de donner quelques billets aux préposés à la station service qui, nous dit-il en ont plus besoin que lui. Je laisse mon pilote faire le geste puisqu'il a le porte monnaie et je remonte en voiture. Quelques kilomètres plus loin en discutant tranquillement, car j'ai retrouvé un peu de mon calme, même s''il fait désormais presque nuit noire (mais maintenant j'ai au moins une lampe de poche), j'apprends avec stupeur qu'il a royalement donné 7 roupies aux types de la station. Je l'invective bruyamment, je ne comprends pas, je lui explique que là, ils ne vont même pas pouvoir se payer un paquet de cigarettes, tout au plus un demi-café à se partager. La honte pour nous. Et mon compagnon, de m'expliquer penaud, et donc sincère, que le stress de la situation lui a fait oublier qu'il donnait des roupies et non pas des euros, lui qui a habituellement un convertisseur de monnaies dans la tête. Comme quoi, chacun a sa façon de réagir à une situation de crise et d'en gérer les effets.  


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