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Prénom Sabine
Age 34
But du voyage Tourisme
Date de départ 28/01/2008
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Durée du séjour 3 semaines
Nationalité France
Description
Un voyage qui sera forcément trop court, qui en appelle d'autres...
Des rêves qui se réalisent, la vie quoi...
Note: 4,3/5 - 11 vote(s).



Localisation : Cambodge
Date du message : 29/06/2008
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 Arrivée à Phnom Penh

Il faut absolument que je reprenne le fil de mon récit abandonné.  Je ne peux pas m’arrêter là et si longtemps après, plein de souvenirs me reviennent.

Le départ de Siem Reap a été compliqué puisqu’on a quasiment failli louper notre avion, pour une question de pellicules photos fraîchement prises à Angkor, donc hyper précieuses, que le douanier voulait absolument faire passer dans le gros scan des bagages de soute. Il ne tenait absolument pas à ouvrir les boîtes une à une pour vérifier qu’il s’agissait bien de rouleaux de films, c’était loin, très loin de ses priorités. Une demi-heure plus tard et après l’intervention d’un superviseur qui a bien voulu prendre la responsabilité de faire passer les rouleaux à part, sans les ouvrir d’ailleurs, on a pu gagner la salle d’embarquement en ayant évité un gros incident diplomatique. Le stress et l’émotion ont d’ailleurs transformé ce malheureux événement risible à postériori, en mémorable scène de ménage très haute tension, à défaut de pouvoir tenter quoique ce soit sur les douaniers.  

Bref, déjà dans l’ambiance, mais après un vol sans histoire, quand on arrive dans le centre ville en taxi depuis l’aéroport, on constate trois choses qui sautent aux yeux :

Une énorme circulation de 2 roues, qui indique que les voitures sont encore loin d’être à la portée de tous, une frénésie de constructions nouvelles « à la chinoise » c’est à dire sans trop de style, très uniforme, et un délabrement impressionnant des bâtiments historiques magnifiques, dont les restes de peintures colorées, ne seront bientôt qu’un souvenir, faute de restaurations.

On parvient à l’hôtel à la nuit quasi tombante et là l’ambiance devient bizarre, légèrement étouffante. L’hôtel, charmant au demeurant, est entouré de hauts murs couronnés de barbelés, certes peints en vert, mais quand même, ça fait un drôle d’effet, et pour couronner le tout, un gardien armé posté dans une guitoune à l’intérieur des murailles, fait office de portier. Une toute petite fenêtre qui s’ouvre dans la porte le ferait même vaguement ressembler à un gardien de prison. Re-bref, on s’installe hâtivement, tout en se faisant encore la gueule, car il faut ressortir pour dîner, il n’y a rien de prévu dans l’hôtel et les émotions, ça creuse.

En se retrouvant dans la rue, on se demande assez rapidement si on a bien fait de ressortir. Il fait sombre, les gens ont l’air peu avenants, les rues sont assez vides d’ailleurs, et il n’est pourtant pas tard. Un tour du quartier nous permet de voir qu’il n’a rien à nous offrir à manger. Il nous faut donc trouver sans trop de repères, l’ « ex Sofitel Cambodiana » qui, dans les souvenirs visuels non cartographiés de mon acolyte (chacun a la mémoire qu’il peut, mais cartographiés c’est mieux, enfin je dis ça…), est tout près, enfin pas très loin, enfin par là quoi…Bon, on a fini par tomber sur cette grosse masse pas très belle, qui est devenu en plus un hôtel lambda, mais qui a le mérite d’avoir un restaurant non seulement ouvert, mais qui en plus révèle un buffet royal, pas très raffiné, mais royal…On est sauvés, même si nous savons qu’il nous faudra, plus tard, retrouver l’hôtel. Mais, repus, on arrive à faire carburer nos cerveaux et sans flâner, retrouver notre petit jardin tropical dans sa forteresse et coup de bol, le portier nous a reconnus, en même temps, c’est aussi son boulot. Nous attendons de pouvoir nous attaquer à Phnom Penh, de jour, courageux mais prudents voyageurs que nous sommes. 

Si Siem Reap est entraînée par le dynamisme du site d’Angkor, la capitale Phnom Penh ne bénéficie pas tout à fait de la même ambiance. Même si elle essaie d’évoluer dans le même sens, on sent qu’elle a plus de mal à y parvenir. L’atmosphère y est plus lourde, le ton moins insouciant. Chacun garde ses distances et la méfiance en rajoute au malaise. C’est assez diffus, bien sûr, comme impression, ça ne saute pas aux yeux, mais en plus, en venant de Siem Reap, on ne tarde pas à s’en rendre compte. 

Phnom Penh est le symbole même de ce peuple cambodgien qui a terriblement souffert et qui a encore du mal à s’en remettre. C’est compliqué à expliquer, mais ça se ressent. Comme quelqu’un qui a vécu un drame et qui ne redevient jamais tel qu’il était. Et pourtant, on ne connaissait pas cette personne avant, mais on ressent qu’il lui est arrivé quelque chose de grave. On ne s’en rendra vraiment enfin compte, mais de manière fulgurante, qu’en visitant le musée de la guerre civile, le terrible camp S21, qui nous donnera enfin toutes les clefs pour comprendre ce pays, de sa plus vieille histoire somptueuse à la plus récente, édifiante.

Mais d’abord, il faut se ballader dans le vieux centre ville pour découvrir ses bâtiments anciens ruinés et tenter de s’imaginer sa splendeur coloniale. Ce reste de grandeur est pathétique et charmant en même temps, c’est difficile à expliquer, ça reflète une sorte de d’ancienne vie imbriquée dans une nouvelle vie, elle n’existe plus en elle-même, mais elle fait partie intégrante de ce qui s’est construit autour. Elle revit au milieu du reste, qui est un imbroglio de bâtiments en tous genres et de toutes les couleurs qui ont poussé au fil du 20e siècle, munis des moteurs de clim les plus laids et crasseux possibles. 

Il y a une rue de boutiques assez classes, exclusivement tournées sur l’art Kmer haut de gamme, et là, vous pouvez refaire votre salon, ils s’occupent de toute la logistique. Les prix sont bien sûr à l’occidentale. 

Les touk touk sont moyennement à peu sympas. Plusieurs fois, il a fallu discutailler, se batailler, faire demi-tour ou même s’arrêter pour avoir le trajet qu’on voulait.

Le quartier du palais et du musée, très dégagé, entouré de larges avenues, se prolonge par une esplanade jusqu’au bord du Mekong, et là se trouve un temple sur la promenade carrelée longeant le fleuve. Il y a un gros contraste entre le Palais non loin, et ce temple, où se pressent un monde fou, qui va et qui vient, des plus crasseux aux plus dignes, des plus bruyants aux plus recueillis. L’atmosphère des abords du temple met mal à l’aise, tellement on se sent agressé par tous ses sens, la vue, les odeurs, le bruit. Mais on est dans la vraie vie, celle qui est difficile, où il faut se battre pour survivre et où l’argent est nécessaire et obligatoire pour prétendre à une autre vie. Chez nous aussi bien sûr, partout, mais ici tellement plus terriblement qu’ailleurs. Aucun autre pays d’Asie, visité par la suite, ne me fera le même effet que cet instant à Phnom Penh.  

Le musée royal archéologique de Phnom Penh me procure une halte bienfaisante. A l’abri de ses murs, dans son jardin tropical, je récupère un peu de sérénité et je déambule dans la double rangée de salles dont la moitié est ouverte sur le jardin. C’est la version centenaire du musée ultra moderne d’Angkor,  c’est un vieux musée poussiéreux, mais tellement empreint de mémoire, je me croirais transportée dans le temps. Je suis contente d’avoir visité les deux musées, ils se complètent parfaitement. D’ailleurs, un orage s’abat brusquement en quelques secondes sans préavis et le jardin se transforme en jungle angkorienne, comme si j’y retournais, le temps que la pluie s’abatte puis qu’elle s’arrête, une bonne demi heure plus tard. Je peux retourner affronter le monde extérieur.   

 


Note: 5/5 - 1 vote(s).

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Par bastien

le 11/02/2013 à 09:25:37

ahah... une mise a jour de 2008 coool !!! j'adore :)
en attente de plus de photos alors :)
bizzzz

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Par Sabine

le 15/02/2013 à 00:24:02

hum oui à ce rythme ça risque d'être un peu longuet !!! mais moi je mets aussi du texte et pas que des photos !!! hum contrairement à d'autres...

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Par bastien

le 15/02/2013 à 09:56:18

bon ok... mais je prefere la maniere inverse, les photos et le texte... plus tard ^^ lol
bizzz

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